“La justice du juste est juste” de Malick Nsasi, prix du concours de plaidoirie des jeunes avocats du barreau du Kongo central
Le barreau du Kongo central commémore avec faste la journée nationale du barreau Congolais célébrée le 10 juillet de chaque année. Elle est aussi marquée, au Kongo central, par le concours de plaidoirie des jeunes avocats, initié par le bâtonnier Cherine Luzaïsu. C’est Malick Nsasi qui remporte ce concours.
Les membres du jury présidé par le bâtonnier honoraire Mbinda Landu s’appuient sur le critère de respect de forme, de respect du timing, de l’expression orale, du fond, la manière d’aborder pour couronner Malick avec 15%. “C’est vraiment une opportunité que je ne voulais pas louper. J’étais vraiment optimiste. Je tenais à ce que je puisse remporter le prix. Et grâce à Dieu, je l’ai remporté. Je suis vraiment dans l’émotion. Je bénis Dieu pour ça”, exulte-t-il. Il loue l’initiative du bâtonnier Cherine Luzaïsu.
Sa plaidoirie était axé sur le thème :“La justice du juste est juste”: “La justice du juste est plus délicate et subtile que la bonté. Parce que la bonté est le prix du cœur mais la justice est plus intrinsèque que la bonté parce que la justice touche la morale. Il est donc inconcevable aujourd’hui de parler d’une justice qui soit juste. Car la justice humaine dit-on étant l’apanage de l’homme qui du reste est faillible dont l’état d’esprit est teinté de perversion (humeurs et sentiments). L’idéal aurait été que la justice soit dite par des personnes qui sont justes pour que la justesse soit au rendez-vous dans les différentes décisions prises par les animateurs judicieux. De nos jours peut-on trouver des justes juges ? Ou les avocats qui soient justes ? Le droit lui-même ne vise pas à parfaire le monde en le rendant juste mais le droit vise plutôt à établir l’ordre le plus favorable. Il arrive des fois que la justice soit sacrifiée au profit de l’ordre public. Au profit de la tranquillité publique, on sacrifie la justice. En Afrique, nous ne pouvons pas parler de la justice du juste lorsqu’on se retrouve dans une société où la corruption bat son plein…”, développe–t-il dans sa plaidoirie. A l’en croire, tant que la justice sera rendue par les hommes, la justice du juste ne sera qu’un vœu, un souhait, un idéal”.
Sarah Wenanu ,second prix
Sarah Wenanu figure parmi les sept candidats qui ont concouru.
Elle remporte le second prix avec 12%. Elle a abordé le second thème du concours “L’avocat, bouclier contre l’arbitraire ou refuge du malfaiteur”. “Je suis très honorée. Je remercie d’abord madame le bâtonnier qui a eu l’idée d’organiser ces assises qui honorent les jeunes avocats. En effet, il faut organiser ce genre d’événement pour propulser les jeunes avocats. J’ai vraiment été très honorée de participer et d’avoir gagné. Je dis merci au Seigneur qui a permis que cela soit possible”, se réjouit cette avocate élue à l’unanimité par ses pairs.
Stimuler les jeunes avocats
Par ce concours, le barreau du Kongo central veut booster les avocats de sa juridiction. “Nous voulons inciter les jeunes à pouvoir participer lors des différents plaidoiries dans les cours et tribunaux et aussi à élever l’étendard du barreau lors des concours internationaux. Nous voulons que le barreau du Kongo central puisse être toujours présent partout où ce genre des concours sont organisés. Nous avons vu l’année dernière, il y a le barreau du Kongo central qui avait eu le second prix du concours de l’éloquence organisé par la CIB (Conférence international de barreau), à Liège, en Belgique”, motive Me Bibiane Banketo, membre du conseil de l’ordre chargé des admissions et rapporteur du comité du jury du concours.
Les deux lauréats ont reçu chacun une enveloppe et une statue d’homme ayant une balance à la tête. Ce concours est en voie d’être pérenniser au barreau du Kongo central.